Psychothérapie individuelle

LA THERAPIE PRIMALE

Pour envisager la Thérapie Primale, il est important de distinguer deux catégories, deux grandes familles de psychothérapies : d’une part les thérapies dites brèves, elles suivent des protocoles balisés et visent la disparition des symptômes ; d’autre part des thérapies au long court qui s’appuient tout à la fois sur des techniques précises et la relation qui s’installe entre le praticien et le patient.

Cette deuxième catégorie de thérapie accompagne la personne dans sa globalité et visent le traitement des souffrances (traumatismes et carences) ayant entraînées une interruption plus ou moins massive de son développement psycho-affectif. Leur but est de permettre à la personne de reprendre le court de son développement et de rétablir les fonctionnements qui se sont détériorés voire même d’initier des fonctionnements qui n’ont jamais pu s’enclencher (l’attachement sécure dans la relation par exemple, la capacité de contact, l’estime de soi, …).


Ces deux approches cohabitent aujourd’hui dans le paysage « psy » ; Ces deux approches présentent des intérêts et trouvent leur limites. Quand une personne souffre de trouble du sommeil et qu’elle n’est plus en capacité de réaliser son travail ou d’accompagner ses enfants d’une façon aimante et attentive tant elle est épuisée par ce manque de sommeil, il est légitime qu’elle ait envie de trouver une solution rapide à son problème de sommeil. Les thérapies brèves constituent alors une réponse efficace à ce problème. 

Si cette personne a conscience qu’en dehors du problème de sommeil présent dans sa vie depuis longtemps ou de façon régulière, viennent s’ajouter d’autres symptômes, des addictions, des sentiments de mal être ou d’être « perdu dans sa vie », des difficultés relationnelles à répétition, il est probable qu’elle porte avec elle un lourd bagage de souffrance qui l’empêche d’être dans sa vie comme elle le souhaite. 

Aller mettre à jour ce lourd bagage demande du temps. C’est l’objectif des thérapies au long court dont fait partie la Thérapie primale.

Pourquoi ça prend du temps ?

D’abord parce que ce bagage de souffrance est le plus souvent enfoui, enfoui au fond de la mémoire, parfois même au fond du corps. Ensuite parce que ce lourd bagage enfoui est aussi gardé, par des sentiments de honte, de culpabilité, ou par des mécanismes de défense puissant tels que le refoulement, le déni, l’intellectualisme …

Ces gardent ont pour fonction de garder le lourd bagage enfoui dans les limbes de la mémoire. C’est notre corps, notre cerveau qui les construit. De la même manière que notre système immunitaire fabrique des anticorps, il fabrique également des défenses contre la souffrance. Il faudra du temps et beaucoup de confiance entre le thérapeute et cette personne, pour faire baisser la garde et accéder au bagage. 

Trouver ce lourd fardeau n’est que la première étape du travail thérapeutique au long court, s’enclenche ensuite une autre phase qui consiste à évacuer la charge. Je m’explique : un peu comme çi, le thérapeute, agissant comme un démineur, devait désamorcer avec moult soins la charge explosive mise à jour. Cette phase de la thérapie est sensible car le thérapeute doit veiller à ce que la charge n’explose pas, il doit faire en sorte qu’elle se décompense progressivement, sans endommager le quotidien de son patient même si ce travail entraîne déjà des modifications plus ou moins importante dans la vie du patient. Cette phase du travail réalisée ou en court de réalisation, une troisième déjà ce dessine. 

Il s’agit de la mise en place des fonctions qui ont été éteintes dans le développement et qu’il est question de remettre en mode de fonctionnement. Ainsi dans la relation avec son thérapeute ou les autres participants à son groupe de thérapie, s’il s’agit d’une thérapie de groupe, le patient va apprendre ou ré-apprendre l’empathie, l’expression de ses sentiments, de ses opinions, de ses désaccords, apprendre à faire des demandes, à refuser, à jauger une demande qui lui est faite, réapprendre la tendresse, le contact... Cette remise en place des fonctions va bien évidemment se prolonger progressivement en dehors des séances de thérapie, le thérapeute proposant à la personne d’expérimenter dans sa vie quotidienne des comportements nouvellement appris en séance. 

Ce va et vient entre la thérapie et la vie, ce que l’on appelle la dialectique est une dimension essentielle de la thérapie et de la Thérapie Primale également. Comme je le dis souvent aux personnes que j'accompagne : « la thérapie n’est pas un but en soi, elle est un moyen pour réaliser au mieux sa vie et se contenter de vivre les séances de thérapie sans rien expérimenter dans son quotidien ne sert pas à grand-chose ! ».

La Thérapie Primale, inventée par Arthur Janov dans les années soixante- dix (pour plus d’informations reportez- vous aux références bibliographiques) vise à vider les réservoirs de souffrance accumulés depuis le début de la vie. Cela permet à la personne de retrouver l’usage spontané des fonctions de communication, d’expression de soi, d’attachement, de discernement, de décision, de création, d’empathie…Ce qui fait notre humanité au fond, et nous permet de vivre bien avec soi et avec les autres en favorisant les bons ajustements avec son environnement.

Le processus qu'elle empreinte aujourd’hui, clairement structuré, s’appuie sur la dimension relationnelle qui s’établit entre le patient et son thérapeute, des techniques précises d’intervention, un modèle théorique construit qui guide les interventions du thérapeute. C’est un processus qui sollicite toutes les dimensions de la personne : le langage, les cognitions, les comportements, les émotions, les réactions corporelles.

La Thérapie Primale se réalise à la fois en séances individuelles et en groupe. La Thérapie Primale offre un cheminement thérapeutique pouvant convenir à de nombreuses personnes. Néanmoins, je prends soin de regarder avec chacune l'adéquation entre ce processus thérapeutique et sa demande initiale et les éventuelles contre indications. Une thérapie pour chaque personne !

La place de la thérapie primale dans ma pratique 

Elle constitue depuis 8 ans le socle de ma pratique d'un point de vue technique et théorique : ma carte de lecture est basée sur les 4 niveaux de souffrance décrits par Janov : les souffrances de la naissance et de la première année (1ére ligne), les souffrances du jeune enfant (de 1 ans à 3 ans), les souffrances de l'enfant après structuration du langage (3ème ligne) et les souffrances actuelles (adultes).

Bien qu'elle constitue le socle organisateur de ma pratique, je tiens à préciser quelques points de divergence avec le modèle proposé par A. Janov. D'abord concernant l'utilisation du transfert, si A. Janov préconise dans certains de ses ouvrages, la non utilisation du transfert, le sentiment semblant être le seul matériel pris en compte, je m'éloigne de ce point vue, considérant le transfert comme élément fort important du processus thérapeutique. De nombreuses études ne cessent de montrer l'importance de la relation dans l'efficacité des diverses thérapies, l'emportant de loin sur les techniques et je me sens en accord avec ces résultats d'enquête. Cela dit, le transfert est utilisé et mis au travail dans la thérapie primale d'une façon très différente de la psychanalyse, de la gestalt thérapie ou de l'analyse transactionnelle, par exemple. La relation patient-thérapeute est un élément moteur de la thérapie primale, le transfert qu'elle génère dans le processus est mis au travail d'une façon directe.

Un deuxième point de divergence concerne « l'attaque » du système de défense. A ses débuts, A. Janov préconise l'utilisation de l'isolement comme protocole d'attaque du système de défense afin de favoriser l'accès direct à la souffrance et la « guérison » rapide. A. Janov parle peu de ses échecs thérapeutique, comme bon nombre d'écoles de thérapie cela dit. Pourtant il me semble que de telles attaques directes , d'une part ne sont pas indispensables. En effet, le processus primal peut être vécu en douceur et au rythme du patient, en écologie avec sa vie et son environnement social D''autres part ces attaques pourraient même s'avérer trop déstabilisantes (même si une thérapie entraîne régulièrement des périodes déstabilisantes : quitter un vieux costume et se retrouvé « nu » quelques temps est toujours inconfortable!) et donc contre-thérapeutique. Je veille donc dans ma pratique à accompagner chacun en fonction de son rythme, de sa demande initiale de thérapie et de son écologie de vie.

Le discernement est à mon sens une qualité importante du thérapeute qui doit avoir pleinement conscience de la nature des processus thérapeutiques qu'il propose aux personnes qui le sollicitent, il doit savoir en jauger la compatibilité avec la personnalité et l'écologie de vie de la personne.
C'est pour toutes ces raisons que ma pratique est intégrative, nourrie de mes formations aux TCC, à l'EMDR, à l'approche empathique d'Isabelle Filliozat, à la Thérapie Primale, à l'AT et à mon expérience en Gestalt Thérapie et en bioénergie, de mon parcours en tant que patiente et de celui de psychologue et psychothérapeute, de mon parcours tout simplement.

Bibliographie pour en savoir plus au sujet de la Thérapie Primale 

Allais Claude : L’analyse primale : dix ans après Janov, Retz, Paris, 1980
Janov Arthur : Le corps se souvient : identifier la source de sa douleur, Paris, J’ai lu, 1997
Janov Arthur : La biologie de l’amour, Paris, Edition du rocher, 2001
Janov Arthur : Le Cri Primal, Paris, Flammarion, 1975.
Janov Arthur : Le nouveau Cri Primal : revivre et vaincre la souffrance, Paris, presse de la renaissance, 1992.
Janov Arthur : L'amour et l'enfant
Janov Arthur : Empreinte, collection réponse/Robert Lafont 1983


De nombreuses références en anglais, non traduites, existent et chacun pourra les trouver en quelques clic s'il le souhaite.